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CHAPITRE II À L’HONNEUR DE MON PÈRE CAMÉLIA ARDENT ...et bien d'autres tout aussi bouleversants !
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À L’HONNEUR DE MON PÈRE Mon père s'est éteint en ce triste dimanche, Par ce gris jour d'hiver, en ce treize janvier, La couleur de son teint, lui si beau, était blanche, Un regard éperdu vers un fils éploré. Et la mort a couvert de son horrible masque, Ce père si merveilleux, que d'amour, d'amitiés! Archétype d'humanisme, capable des seules frasques, Que de trop de bonté, que de trop de pitié. Son corps s'en est allé par "ses chemins briards", Accompagné des siens, dans ce petit cimetière, Accompagné aussi par ses amis, blafards, Amis si malheureux de le voir sous la pierre. Et puis il y a ceux, présences si peu souhaitées, Qui sont venus pour voir une dernière fois, Ce qui reste d'un homme, qu'ils ont peu ménagé, Et qu'ils plaignent à présent, sans fierté, sans émoi. Il est vrai de nos jours, qu'un homme bon, un artiste, Est toujours méprisé par cette jungle humaine, Où être vil voyou mène à la réussite, Et être honnête et juste, entraîne pleurs et peines. Ces quelques vers écrits, ce jour plein de tristesse, Je les ai rédigés en ton honneur , mon père, Toi que j'ai tant aimé, malgré mes maladresses, Toi le père, toi l'artiste, que de toi je suis fier... |
CAMÉLIA ARDENT En ce début de mars, rêvant dans mon jardin, Pensant à ce printemps qui approche, s'éveille, En cette année de deuil si pleine de chagrin, Un printemps d'orphelin, un si triste réveil. C'est une claire journée, un peu fraîche mais si douce, Que j'en profite un peu pour scruter la nature, Surprendre quelque oiseau, observer quelques pousses, Des bourgeons éclosant sur beaucoup de ramures. Les forsythias dominent de leur jaune habillage, Les cognassiers si rouges, épineux du Japon, Tous les buissons foisonnent, c'est vraiment le présage, D'un printemps très précoce, d'un hiver moribond. Puis mon regard soudain se fixe de stupeur, Devant le camélia que mon père m'a offert, Un buisson jusque là dans mon jardin, sans fleurs, Depuis vingt ans déjà, sujet peu florifère. Il est paré de fleurs, je n'en crois pas mes yeux, De tant de roses rouges, quelle floraison folle, Ces boutons épanouis, pétales merveilleux, Et leur nombre est curieux, fascinant, un symbole. Vingt et un, c'est l'année de naissance de mon père, Vingt et un c'est le nombre des fleurs de ce buisson, Comment ne pas rester, devant tant de mystère, Paralysé d'angoisse, parcouru de frissons. Je suis certain ma foi, que ce signe est réel, Que ce père amoureux de nature et de fleurs, Rappelle qu'il est là, sa présence éternelle, Par ce camélia rouge, buisson ardent de cœur. |
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