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RETOUR ATMOSPHÈRES  -  CHAPITRES I....X

CHAPITRE  X

REPAS    CHAMPÊTRE
 COULEURS
PALMES   ACADÉMIQUES
    À   MES   MUSES …
 ...et bien d'autres pleins de douceur....

AUTRES CHAPITRES



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              REPAS    CHAMPÊTRE
Chaque année aux Ormes sur Voulzie,
A lieu, le treize juillet au soir,
Un festin gaulois, sitôt suivi
D'un feu d'artifice notoire.

Ces ripailleurs si merveilleux,
Un temps, amis de circonstance,
S'esclaffent de bon cœur, joyeux,
Boivent, trinquent, se remplissent la panse!

Et quand vient la fraîcheur,  la nuit,
Que le repas champêtre, s'endort,
Ils  se lèvent, s'assemblent, engourdis,
Admirent le ciel qui se dore.

Qui luit, qui étincelle, qui pète
De fusées colorées, bruyantes,
Spectacle féerique, de fête,
De lumières de vie, ardentes.

Et soudain c'est le calme, la paix,
Tout le monde applaudit, merci
Pour cet instant magique qui fait
Que l'on oublie tous les soucis !

Ce rêve lumineux, doré,
A requinqué la foule, donné
Un nouveau souffle, une bouffée
Républicaine, à la soirée.

Et vive le bal populaire !
Flonflons pour les joyeux anciens,
Ormoises et ormois si fiers,
De montrer leur allant, leur teint.

Les plus jeunes, dans la salle des fêtes,
S'explosent, comme ils disent crûment,
Sons modernes qui hurlent à tue-tête,
Accompagnés de cris stridents.

Peu importe le style de musique,
Tout le monde est heureux, oublie
Que la vie est bien triste, cynique,
Parfois injuste, cher est son prix.

Je suis moi-même ce soir, éteint,
En dehors de ces joies, ces cris,
Moi, en ces jours, jeune  orphelin,
De ma mère que j'aimais… et gît.


          PALMES   ACADÉMIQUES

J'ai assisté ce jour à une cérémonie,
Une juste récompense pour un de mes collègues,
Un vrai professionnel, courageux et vernis
D'avoir tant de discours, remerciements nourris.

Il a reçu les palmes dites académiques,
En grandes pompes, festins et photos à la clé,
En présence de Ministre, personnes emblématiques,
Quel spectacle émouvant, de cadeaux mérités.

Pourtant, en la matière j'ai un peu moins de vaine,
Car deux années avant j'étais moi-même cité,
Moi, professeur aussi, depuis longtemps en scène,
Une discrimination, injuste destinée.

Point de discours de fête, de félicitations,
Point de moult cadeaux, ni de célébration,
Point de gestes délicats, de bonnes intentions,
Point d'embrassades amies, ni de décoration.

Mais dans ce microcosme, cet univers clanique,
On ne fête que les "purs" issus de la "maison",
Les autres sont tolérés, parfois même... sympathiques!
Mais restent éloignés des rares effusions.

Pensez donc être "prof" et la Maif, bouder,
La mutuelle militante, le top de l'assurance,
Et même pas syndiqué !, marginal du métier,
De la provocation qui frise l'insolence.

À vrai dire, sincèrement, cet oubli m'indiffère,
M'amuse quelque peu, tableau vraiment comique,
De gens qui malgré tout se jalousent, s'affairent,
Dès que l'un parmi eux monte un cran hiérarchique.
 
Pour honorer ce titre, celui de chevalier,
J'ai acheté moi-même cette belle distinction,
Ai mis mon beau costume et me suis décoré,
Entouré des amis, tel « un Napoléon » …

…en tout bien, tout honneur … pour ma famille si merveilleuse, heureuse et fière de cette distinction hautement symbolique…    


                      COULEURS
Bleu, c'est le ciel ,la mer,
Des paysages inouïs,
De contrastes d'azur,
De bonheur, de lumière
Des clapotis, des ruisseaux, des rivières,
Des poissons argentés  …

Vert c'est la nature immense,
Les arbres, les forêts, une végétation intense,
La couleur de la vie,
Les pousses des végétaux,
Les oiseaux qui volètent,
Les insectes qui butinent…

Jaune, c'est le soleil, la lumière,
Le  témoin de la vie,
La chaleur , le bonheur,
Les fleurs éclatantes,
Les reflets merveilleux,
Les éclats, les parures…

Rouge, la chaleur monte,
La terre parfois s'embrase,
Et la peur s'installe
Devant tant de révolte,
Devant tant d'énergie
Que personne ne dompte…

Gris c'est la tristesse,
La morosité, l'automne,
Une couleur sans teint
Faite pour se confondre,
Faite pour se cacher,
Faite pour s'endormir…

Noir c'est la détresse,
La mort entre en ces lieux,
Les corbeaux l'accompagnent
Dans leur vol lent,inquiétant,
Couleur du départ
Pour une éternité…

Blanc c'est la couleur pure
De la jeunesse gaie,
Des colombes roucoulantes,
Du renouveau certain,
De pureté divine,
Des anges qui nous guident…


                À   MES   MUSES …

Mes trois filles ne président, aucun art libéral,
Et pourtant  sont pour moi, humble humain au grand cœur,
Pas Jupiter, ô Dieu! plutôt sentimental,
Sensible à en mourir, amoureux de faveurs.

Pas de Clio, Euterpe, Calliope ou Uranie,
Ni Terpsichore, Thalie, Polymnie, Melpomène, Erato,
Mais fière Géraldine et douce Virginie,
Mathilde - Félicienne, adorable "chameau".

Toutes trois ont comblé ma pénible existence,
Chacune à leur manière, chacune à leur parfum,
Mais toujours délicates, remarquables présences,
Qui m'ont beaucoup portées, ont tracé mon destin.

Goût pour la  douce lecture, que ma fille Géraldine,
Littéraire confirmée, a su m'intéresser,
Entrevoir, caresser, telle une médecine,
En des jours malheureux, de deuil, déprimé.

Goût pour la douce vie, conviviale, rurale,
Faite de tant d'honnêteté, et d'amour filial,
Que ma fille Virginie me donne sans égal,
Sans compter, chaque jour, telle une bacchanale.

 Et ma dernière puce, forte personnalité,
« Chiante » à désespérer, Mathilde-Félicienne,
Mon adorable petite, mon ultime bébé,
Va bientôt me quitter pour une « Fac » parisienne...

Me restera, ma femme, la plus douce de mes muses, celle qui pendant tant d’années aura guidé ma route, encouragé mes projets, supporté mes humeurs !… ma tendre épouse, ma « Kikine » si aimante et si courageuse!…
© Copyright : gghislain-provinois 2005                       RETOUR                                        Juillet  2005