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CHAPITRE IV

CIMETIÈRE  CARCÉRAL
   IL   EST   DES   PONTS…
PESTE   DE   GAUCHO !
   NOSOCOMIALEMENT   VÔTRE !
...et bien d'autres tant de sujets sont révoltants...

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CIMETIÈRE  CARCÉRAL

M'en allant par ce triste jour
À l'enterrement de Ginette,
Au cimetière de Bondy,
Où dort désormais la pauvrette,

J'observe l'environnement
Qu'elle aura pour l'éternité,
C'est une honte ! , un châtiment,
Que voir les morts si mal logés !

Pas une auberge de qualité
Mais une demeure carcérale,
Sorte de halle surveillée,
Bordées de tours immenses, glaciales.

Et puis un air irrespirable
Pour ces hôtes à perpétuité,
Odeurs vraiment insupportables,
Qui ne donnent envie de rester !

Il est vraiment des cimetières
Sans paysage, sans parfum,
Et sans respect des sociétaires,
Des endroits quelque peu malsains.



            PESTE   DE   GAUCHO !

Parcourant un article au sujet des abeilles,
À leur disparition soudaine, préoccupante,
Moi ! amoureux de nature et toutes ses merveilles,
Je m'insurge terrifié par des lignes choquantes.

Ces amies de toujours, de cinq mille ans au moins,
Pourvoyeuses de pollen, fécondatrices zélées,
Sont à leur tour la proie, de bien tristes sagouins,
Trafiquants de semences, de poison, enrobées.

Sous prétexte d'éviter les traitements toxiques,
Ces chercheurs déchaînés, philanthropes de nature..
À la botte de lobbies aux projets maléfiques,
Du tournesol si beau, ont changé la parure.

Enveloppe de la graine ceinte d'imidaclopride,
Protégeant soit disant la plante des insectes,
Une espèce nouvelle, un mutant, un hybride,
Ennemie pour certains, dangereuse et infecte.

Ennemie des abeilles qui meurent par milliers,
Terrassées par des troubles dits maux neurologiques,
Et les ruches s’éteignent , car elles ont oublié
Le chemin du rucher , devenues amnésiques.

Pauvres apiculteurs, démunis et ruinés,
Impuissants, déroutés devant tant de massacres,
Pour des profits immondes et toujours déguisés,
Et si peu d'intérêt qu'aux petits ils consacrent.

Si le célèbre professeur, mythique Karl von Frish,
L'Homère des abeilles avait vécu ces temps,
Vu ses amies ailées sur une telle affiche,
Il aurait sans nul doute, tôt pris le mors aux dents.

Zoologue passionné de la vie des insectes,
Il aurait combattu l'ennemi, le gaucho,
Il aurait démasqué l'imposture, l'abject,
Pour sauver ce trésor, du ciel ce cadeau.

Ces travailleuses ailées, emblèmes du travail,
Symbolisées à souhait et ordre de l'Empereur
Napoléon 1er  , sont bien loin des médailles,
Disparaissent peu à peu et lentement se meurent.

Avec elles disparaît un maillon de la vie,
Une douceur bénie de son miel parfumé,
Aux vertus innombrables, aux parfums inouïs,
De moult fleurs sauvages  et de trèfles rosés.



       

              IL   EST   DES   PONTS…


Chaque vendredi à Bray, jour de vie, de marché,
Je me rends de plaisir et plein de souvenirs,
De ma jeunesse lointaine, de si belles années,
Et me ressource un peu, privilège du coursier.

Cette petite ville autrefois si passante,
Baronnie reluisante pleine d'histoire ancienne,
Avec ses foires célèbres, forte gent commerçante,
Protégée et nourrie, bordée de par la Seine.

Venant de mon village, aussi moyenâgeux,
Je franchis chaque fois ce fleuve par un pont,
Un ouvrage moderne, passage calamiteux,
Franchissement par poutres et tablier béton.

Et chaque fois je pense avec irritation,
À cet ouvrage d'Art qui existait avant,
Paré de vingt deux arches, de pierres et de moellons,
De cent toises de long, âgé de cinq cents ans.

Sous ces arches superbes, combien de jeunes gens,
Ont connu de l'amour les premières approches,
Et combien de pêcheurs s'y sont par mauvais temps,
Protégé des bourrasques et abrités leurs mioches.

Ce passage stratégique avait pourtant subi
Les affres de plusieurs guerres mais avait résisté,
Bien que rafistolé, il voulait garder vie,
Espérant des humains la sagesse, la pitié.

Mais l'époque est ainsi, avide de destruction,
L'histoire part en lambeaux au gré d'êtres incultes,
Au gré de sales profits, de prétextes, d'ambitions,
Au nez d'un peuple las, de vivre un tel tumulte.




         NOSOCOMIALEMENT   VÔTRE !

Depuis une semaine j'ingurgite, et sans foi,
Une ribambelle inouïe de molécules chimiques,
Moult pilules infectes et de couleurs au choix,
Sirops abrutissants, voire soporifiques.

Et tout cela pour un rhume, une grippe, que sais-je?
Un mal mystérieux, tenace, persistant,
Épidémique dit-on, qui tourne comme un manège,
Et qui dure longtemps, de germes résistants.

Ces temps sont difficiles pour la gent médicale,
Confrontée, paradoxe, à tant de procédures,
Que le doute s'installe, attisé de scandales,
D'erreurs, d'incompétences, enfin..plus rien n'est sûr.

Si Fleming avait su que la pénicilline
Serait un jour conspuée, accusée de tous maux,
Après avoir autant bouleversé la médecine,
Le pauvre Alexander s'écroulerait de haut,

Qu'elle serait responsable d'engraisser ô scandale !,
D'ignobles bactéries, tueuses de patients,
D'engendrer ô malheur !,   des morts nosocomiales,
Inconnues jusque là, infections de ces temps.

Ces foutaises masquent bien le déclin d'une époque,
Nos hôpitaux s'effondrent sous des dettes abyssales,
Des manques de moyens et d'hygiène loufoque,
Entraînant dans leur chute, infernale spirale.

C'est l'ère incontestable des lobbies de tous poils,
Les disciples d'Esculape en perdent leur latin,
Cernés par les rumeurs que la presse dévoile,
Ils subissent les feux allumés, de crétins.

Mon médecin est de ceux, compétent et dévoué,
Qui, lorsque ma mère malade, malgré son attention,
Revint  de l'hôpital où il l'avait guidée,
Décédée  d'infection suite à l'opération,

Fut choqué, attristé devant tant d'impuissance,
Lui qui était certain de son fin diagnostic,
Qui avait convaincu avec juste insistance,
La pauvre vieille femme ô tellement sceptique ! .

Entendant sa prière, j’ai gravé sur sa tombe, de mes yeux pleins de larmes, ces quelques mots d'adieu, épitaphe amicale, sans colère.. un rien sarcastique à l'endroit d'une gent médicale aux abois  «  Merci pour le service et nosocomialement vôtre !… »
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