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CHAPITRE III " GUEULE DE BOIS " RETROUVAILLES FUNÈBRES "GAMBILLE" EN DEUIL LES AMIS DE "MADO" ...et bien d'autres naturellement bien douloureux...
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" GUEULE DE BOIS "
Que ces jours et ces nuits renferment de tourments, Dans ces tristes instants, consacrés à ma mère, À cette pauvre femme, qui s'endort lentement, Intubée et branchée, nourrie par cathétère. Depuis près de deux mois, je visite, enfin… je erre, De service en service, une sorte de tournée Enrichissante certes, plutôt hospitalière…, Admirative aussi, face à de tels métiers. Pourtant ces journées noires, m'abrutissent beaucoup, Et le soir je me couche comme un piteux zombie, Sans envie de lecture, d'écriture et de tout, Pour un mauvais sommeil, une sinistre nuit. Mon réveil du matin, en ces temps difficiles, Est emprunt de lourdeur, de brouillard nauséeux, Véritables symptômes de lendemain de fête, Comme une gueule de bois, relent de spiritueux. "GAMBILLE" EN DEUIL Les rois de la gambille et de l'accordéon, Ont perdu en ces jours une fidèle adepte, Emportée, pauvre vieille, sans un bruit, sans un son, Sans une ritournelle, une sortie inepte. Cette valseuse effrénée, infatigable danseuse, C'était ma mère aimée, "Mado" pour les intimes, Vitalité inouïe, faisant bien des envieuses, Dans sa génération, toujours avec estime. Ils sont tous venus là, dans cette église glacée, Tellement éprouvés, ces éternels fêtards, Qu'aucun n'a pu chanter, la gorge tant serrée, Aux refrains religieux, tétanisés, hagards. J'aurais voulu offrir, sorte de privilège, Pour glorifier ma mère, un "Ave Maria" Avec accompagnement, que sais-je ? Bal musette et piano, et rythme de samba. Mais les airs religieux restent traditionnels, Mornes pour la prière, peu importe le Dieu, Point de chansons paillardes, ni de gaies ritournelles, L'heure est à la tristesse, aux esprits malheureux. |
RETROUVAILLES FUNÈBRES Mon cher père je t'annonce une bonne nouvelle, Au royaume des ombres, aux Ormes, au cimetière, Tu vas retrouver tôt ton épouse fidèle, Ta " Mado" virevoltante, affolante et si fière. Une petite place dans ce caveau glacial, Tu lui feras de cœur, toi qui l'aimais beaucoup, À en perdre la vie, à briser ton moral, À sacrifier tes jours, à devenir à bout. Vous serez tous les deux, ce couple merveilleux, Sans disputes, sans heurts, d'un calme monacal, Reposant tendrement comme aux doux jours heureux, Pour une éternité, pas vraiment bacchanale… Pour encore cette fois, mon pauvre père chéri, Elle aura "le dessus", t'écrasera un peu, Mais cette fois si leste, tu seras à l'abri De retombées cinglantes, de gestes malheureux. J'irai par tous les temps vous réchauffer le cœur, Vous visiter, prier, sur votre tombe grise, Vous ne serez pas seuls dans votre noire demeure, Qu'un jour j'habiterai, quelle belle surprise ! . LES AMIS DE "MADO" Les amis de "Mado" |
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