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CHAPITRE I ÉTANG DE LONGUEVILLE EN AUTOMNE ROSIERS D'ANTAN HORTENSIAS ...et bien d'autres tout aussi étonnants !
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ÉTANG DE LONGUEVILLE
EN AUTOMNE J'aime à me promener sur les rives odorantes, De ce petit plan d'eau, impromptu jaillissement, D'une source féconde, vers la Voulzie partante, Un joyau roselier, nymphéacier dormant. De grands frênes le bordent, des saules, des buissons, Baignent l'extrémité de leurs ramures tombantes, Aubaine pour moult oiseaux, pour nicher en saison, Pour prendre quelque repos à l'abri des tourmentes. Le ciel se couvre soudain et noircit le tableau, Le vent se lève un peu, caressant l'eau dormante, Une averse s'annonce, paniquant les oiseaux, Agitant la nature, et les feuilles volantes. Une giboulée intense fouette ce paysage, Crépite sur l'eau claire, dans un bruit infernal, Et des canards se glissent à l'abri de feuillages, Attendant un répit dans cette bacchanale. Quelques retardataires arrivent en planant, Affolés par les ondes, déportés par le vent, Et pourtant dans leur vol, adroits, éblouissants, Dotés par la nature, d'équilibre étonnant. Et puis curieusement, tout se calme, plus de bruit, Les nuages si noirs et poussés par le vent, Sont repartis au loin, pour un nouveau semis, Et le petit étang ruisselle, respire maintenant. HORTENSIAS
Espèce du genre hydrangelle, |
ROSIERS D'ANTAN Amoureux de nature, de verdure et de fleurs, Je peste chaque année, regardant mes rosiers, Une centaine au moins et de moult couleurs, Taillés comme il le faut, arrosés et choyés. Le résultat pourtant est de piètre mesure, Beaucoup se dégénèrent, vieillissent et jaunissent, Arborent des floraisons, petites, miniatures, Et malgré mes efforts, disparaissent, périssent. Vigoureuses roses jaunes “ pardon pour l'incartade ”, Belles "Rosa lutea" des contrées de l'Asie, La "Rosa gallica" portée par les croisades, La rose senteur de thé, du Bengale, inouïe. Elles parfumaient le monde de Damas à Provins, Égayaient les jardins tant prisés par les hommes, Habillaient les livrées, coloriaient les festins, Fleurissaient de partout, incontournables en somme. Ces roses, dites anciennes avaient de la senteur, Et de moult croisements n'avaient point de besoin, Hybridations cupides et de peu de saveur, N'ont pas amélioré l'allure de nos jardins. Elles portent maintenant des noms propres d'artistes, De Christian Dior à Maria Callas, Suspens, Beauté, Astrée encore plus fantaisistes, Miss France et Kronenbourg et la blanche White Christmas. Ces déboires de culture florale, de jardin, Sont assez dérisoires malgré ma nostalgie, Car il est des symboles, des marques du destin, Qui ont plus de valeur et font aimer la vie. J'ai pour ma part la chance, toujours rosier oblige, D'avoir le long d'un mur une espèce de grimpant, Greffé par un aïeul sur le bois d'une tige, Un églantier sauvage, robuste à tous les temps. Il fleurit chaque année de manière insolente, Ses feuilles sont luisantes et d'un air vigoureux, C'est la présence peut-être par la sève puissante, D'une continuité de vie, de mes aïeux. |
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Juillet 2005 |
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