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RETOUR ATMOSPHÈRES  -  CHAPITRES I....X

CHAPITRE I

 ÉTANG  DE  LONGUEVILLE  EN  AUTOMNE
 ROSIERS   D'ANTAN
HORTENSIAS


...et bien d'autres tout aussi étonnants !

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  ÉTANG  DE  LONGUEVILLE
  EN  AUTOMNE

  J'aime à me promener sur les rives odorantes,
  De ce petit plan d'eau, impromptu
  jaillissement,
  D'une source féconde, vers la Voulzie partante,
  Un joyau roselier, nymphéacier dormant.

  De grands frênes le bordent, des saules, des
  buissons,
  Baignent l'extrémité de leurs ramures
  tombantes,
  Aubaine pour moult oiseaux, pour nicher
  en saison,
  Pour prendre quelque repos à l'abri
 des tourmentes.

  Le ciel se couvre soudain et noircit le tableau,
  Le vent se lève un peu, caressant l'eau
  dormante,
  Une averse s'annonce, paniquant les oiseaux,
  Agitant la nature, et les feuilles volantes.

  Une giboulée intense fouette ce paysage,
  Crépite sur l'eau claire, dans un bruit infernal,
  Et des canards se glissent à l'abri de feuillages,
  Attendant un répit dans cette bacchanale.

  Quelques retardataires arrivent en planant,
  Affolés par les ondes, déportés par le vent,
  Et pourtant dans leur vol, adroits, éblouissants,
  Dotés par la nature, d'équilibre étonnant.

  Et puis curieusement, tout se calme, plus
  de bruit,
  Les nuages si noirs et poussés par le vent,
  Sont repartis au loin, pour un nouveau semis,
  Et le petit étang ruisselle, respire maintenant.

                     HORTENSIAS
Espèce du genre hydrangelle,
Venue de Chine, du Japon
Dédié à une gent demoiselle
Du nom d'Hortense, par Commerson.

De couleur rose à l'origine,
Aussi bleuâtre ou bien lilas,
Aimant l'ombrage, un peu la bruine
Du littoral, et doux climat.

Ces arbustes agrémentent aussi,
Nos jardins  froids du Provinois,
Protégés des hivers maudits
Par un paillage de feuilles, un toit.

Année désastreuse pour eux,
Deux mil trois brûle leurs panicules,
Gel sournois de printemps frileux,
Été  diabolique, canicule.

Feuilles chiffonnées et mordorées,
Têtes roussies et desséchées,
Les hortensias de cette année
Arborent pour sûr, piètre livrée.

       

                  ROSIERS   D'ANTAN  

 Amoureux de nature, de verdure et de fleurs,
  Je peste chaque année, regardant mes rosiers,
  Une centaine au moins et de moult couleurs,
  Taillés comme il le faut, arrosés et choyés.

  Le résultat pourtant est de piètre mesure,
  Beaucoup se dégénèrent, vieillissent et
  jaunissent,
  Arborent des floraisons, petites, miniatures,
  Et malgré mes efforts, disparaissent, périssent.

  Vigoureuses roses jaunes “ pardon pour
  l'incartade ”,
  Belles "Rosa lutea" des contrées de l'Asie,
  La "Rosa gallica" portée par les croisades,
  La rose senteur de thé, du Bengale, inouïe.  

  Elles parfumaient le monde de Damas à
  Provins,
  Égayaient les jardins tant prisés par les
  hommes,
  Habillaient les livrées, coloriaient les festins,
  Fleurissaient de partout, incontournables en
  somme.

  Ces roses, dites anciennes avaient de
  la senteur,
  Et de moult croisements n'avaient point
  de besoin,
  Hybridations cupides et de peu de saveur,  
  N'ont pas amélioré l'allure de nos jardins.

  Elles portent maintenant des noms propres
  d'artistes,
  De Christian Dior à Maria Callas,
  Suspens, Beauté, Astrée encore plus
  fantaisistes,
  Miss France et Kronenbourg et la blanche
  White   Christmas.

  Ces déboires de culture florale, de jardin,
  Sont assez dérisoires malgré ma nostalgie,
  Car il est des symboles, des marques du destin,
  Qui ont plus de valeur et font aimer la vie.

  J'ai pour ma part la chance, toujours rosier
  oblige,
  D'avoir le long d'un mur une espèce de
  grimpant,
  Greffé par un aïeul sur le bois d'une tige,
  Un églantier sauvage, robuste à tous les temps.

  Il fleurit chaque année de manière insolente,
  Ses feuilles sont luisantes et d'un air
  vigoureux,
  C'est la présence peut-être par la sève
  puissante,
  D'une continuité de vie, de mes aïeux.
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